7 juin 2016

Pourquoi les filles bégayent moins que les garçons... Enfin une réponse ?

Dans un article très intéressant publié sur le site de la British Stammering Association, Norman Miller fait le point sur les recherches nous permettant de mieux comprendre le bégaiement.

En voici un court résumé à la sauce Laurent, spécialiste de la vulgarisation à la hache. Je m’en remets donc à Olivier (dont l’iceberg résiste au réchauffement climatique), au Dr Marie-Claude Monfrais-Pfauwadel ou à d’autres spécialistes pour d’éventuels compléments.

La parole normale est produite par une série de mouvements musculaires coordonnés. Cela nécessite que plusieurs régions du cerveau travaillent en réseau. Or, les personnes qui bégaient présentent des défauts de connexion dans ce réseau de production de la parole. En gros, des fils ou relais sont coupés ou endommagés.

On ne sait toujours pas si ces anomalies observées dans le cerveau causent le bégaiement ou au contraire si elles ont été causées par l’apparition d’une période de bégaiement durant l’enfance. Bref, on ne sait pas qui est l’œuf et qui est la poule.

Chez les personnes fluentes, c’est le cerveau gauche qui prend en charge la production de la parole. En revanche, chez une personne ayant un bégaiement persistant, l’hémisphère droit s’active beaucoup plus. L’hémisphère droit chercherait à compenser ainsi les défaillances de son cousin de gauche. Ca part d’un bon sentiment et d’un bel esprit de solidarité mais le problème est qu’il n’est pas conçu pour gérer la parole… Et le résultat n’est pas terrible, très proche de celui obtenu quand on met l’avant-centre dans les cages parce que le gardien de buts s’est pris un carton rouge…

Chez les personnes ayant guéri du bégaiement, on constate que l’hémisphère gauche a repris le contrôle. Cela s’expliquerait par la capacité du cerveau à se modifier, à créer de nouvelles connexions, à se « réparer ». C’est ce qu’on appelle la plasticité cérébrale.

C’est justement ce phénomène de plasticité qui pourrait expliquer pourquoi il y a 4 fois plus de bègues chez les garçons. En effet, selon le Dr Chang (qui est une fille), les cerveaux des filles pourraient avoir une plus grande plasticité, ce qui leur permettrait de s’adapter plus facilement.

CQFD ?

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