2 sept. 2010

Exposé en classe sur le bégaiement : ils l'ont fait !

J’ai déjà parlé des bienfaits d’un exposé en classe sur le bégaiement (l’article est ICI ).

Il manquait cependant quelque chose d’essentiel : avoir le retour de ceux qui ont tenté cette expérience.

Par bonheur, j’ai réussi à dénicher sur le site de FRIENDS les témoignages de deux élèves qui ont fait ce genre de présentation mais aussi d’une maman. Je les ai traduits et voici ce que j’en retiens :

Ca demande beaucoup de préparation et de courage mais… CA EN VAUT VRAIMENT LA PEINE !

En effet les réactions sont toujours excellentes : les autres élèves et les professeurs sont intéressés mais aussi admiratifs. Les enfants ou ados bègues ne regrettent pas de l’avoir fait et disent que le regard des autres a changé depuis cet exposé. Voici un extrait du témoignage d’ Autumn : « Je me sens beaucoup plus heureuse depuis que j’ai fait cette présentation (…). Pour moi, cette année est sans doute l’une des meilleures. Les autres années où j’allais à l’école personne ne connaissait le bégaiement et ils continuaient à se moquer de moi. »

En cela, tous les témoignages que j’ai pu lire concordent : quand les camarades de classe sont informés et qu’ils comprennent ce qu’est le bégaiement, les moqueries au sein de la classe disparaissent. Ses camarades de classe vont même prendre la défense de l'enfant qui bégaie si les autres élèves se moquent de lui dans la cour de l'école.

De son côté, l'enfant découvre que parler ouvertement du bégaiement met tout le monde à l'aise et la satisfaction et le plaisir qu’il va retirer de cette présentation constituent d’excellents boosters pour son chemin vers la fluidité.

Attention cependant ! Ce n’est pas forcément approprié pour tous les enfants qui bégaient. L’idéal est de faire cette présentation en collaboration avec l’orthophoniste ou une personne qui joue un rôle important dans le traitement de votre bégaiement. Pour ceux qui ne se sentent pas prêts, la lettre au professeur constitue aussi un très bon premier pas.

Je vous laisse donc en compagnie de Autumn, Matthew et de la maman d’Ashlee. Vous verrez, leurs témoignages donnent envie et, en bonus, vous allez même découvrir ce qu’est un « piège à doigts chinois »… Incroyable ce qu’on peut apprendre grâce au bégaiement…

Bonne lecture

Laurent

Les trois témoignages :

Témoignage d’Autumn : "les gens me respectent plus"

Témoignage de Matthew : "je suis heureux que nous l'ayons fait"

Témoignage de la maman d’Ashlee : "j'étais si fière !"



Témoignage d’Autumn : "les gens me respectent plus."

Note de l’éditeur: Autumn Williams, qui est maintenant en 4ème a combattu sa peur de faire un exposé sur le bégaiement devant sa classe de 6ème. Un mois plus tard, son orthophoniste, Joanie Cahalan, l’a interrogée sur cette expérience.

Joanie : Sais-tu que tu as été très courageuse ?

Autumn : Oui… très.

Joanie : Autumn, quelle était ta principale raison ou motivation pour faire un exposé en classe ?

Autumn : Parce que toute ma vie, on s’est moqué de moi à cause du bégaiement et je ne le supportais plus. Et pour une fois, je ne voulais pas qu’on se moque de moi.

Joanie : Pourquoi pensais tu que cela ferait cesser les moqueries ?

Autumn : Parce que les autres enfants en sauraient plus sur le bégaiement et la manière dont cela fonctionne. Ils ne seraient pas déconcertés.

Joanie : Raconte moi ce qui s’est passé durant la préparation de cet exposé.

Autumn : D’abord, je devais parler de ce que je voulais dire à la classe — ce que je pensais. Il était vraiment nécessaire que ma classe sache ce que je ressentais.

Joanie : Tu voulais leur donner des faits sur le bégaiement mais tu voulais aussi qu’ils sachent comment tu le percevais parce que tu es celle qui doit vivre avec.

Autumn : Et ensuite, vous et moi avons écrit et lu des constats sur le bégaiement. Nous avons cherché dans un livre qui nous a dit comment faire une présentation. Il nous a dit comment nous y prendre en parlant de célébrités qui bégaient et en donnant des informations sur le bégaiement.

Joanie : Est-ce que nous nous sommes entraînées ?

Autumn : Oui, nous nous sommes beaucoup entraînés à l’exposé en classe. Et ensuite, quand ça a été le moment d’y aller, je suis montée dans ma classe avec mes notes, je les ai relues et j’ai répété devant ma mère. Le jour de la présentation, j’ai déjeuné dans la classe avec vous et mon professeur. Après le repas, ma mère est arrivée. J’ai répété devant elle et quand ma classe est entrée, j’étais déjà prête.

Joanie : Est-ce que ça te faisait peur ou te rendait nerveuse ?

Autumn : Oui, j’étais nerveuse et j’avais peur parce que je ne savais pas si la classe rirait de moi à cause de ce que je pensais. Parfois, je voulais vous dire : "Je ne veux plus faire cette présentation »

Joanie : Je ne le savais pas.

Autumn : Je n’ai rien dit parce nous étions déjà dans la préparation. Nous étions presque prêtes et je ne voulais pas mettre tout notre travail à la poubelle.

Joanie : Est-ce que tu sais combien tu as été courageuse ?

Autumn : Oui . . . beaucoup !

Joanie : Alors comment t’es tu sentie lorsque ça a été terminé ?

Autumn : J’ai senti que ça se passait vraiment bien parce que tout le monde écoutait et regardait ses feuilles (avec les faits et les célébrités). Quand ils posaient des questions, c’étaient des questions vraiment pertinentes. Cela m’a fait sentir qu’ils voulaient vraiment en savoir plus sur le bégaiement et qu’ils comprenaient vraiment. A la fin, quand tout était terminé, ils nous ont beaucoup applaudi. Et ensuite, quand je suis retournée m’asseoir, ils m’ont tous dit : "beau boulot, Autumn!" "C’était vraiment super." "J’ai adoré." "beau boulot!" J’ai senti que m’a mère a aimé aussi parce que quand je suis allée vers elle, elle m’ a dit : "C’était vraiment très bien, Autumn!"

Joanie : Et qu’est-ce que ça a apporté d’avoir fait ça, Autumn?

Autumn : Ce qu’il en est ressorti de positif, c’est que je sens que les gens me respectent plus. Ils connaissent vraiment mon bégaiement et ils ne m’aident pas avec mes mots autant qu’ils le faisaient auparavant.

Joanie : Et tu remarques cette différence ? Cela fait maintenant environ un mois que nous avons fait ça.

Autumn : Très peu d’enfants s’amusent encore de mon bégaiement. Depuis, je n’ai pas beaucoup bégayé. Les gens ont remarqué ça. Ils disent toujours : "Autumn, tu ne bégaies plus beaucoup." Depuis cette présentation, c’est vraiment un jeu d’enfants parce qu’avant j’étais vraiment terrorisée de parler devant d’autres gens.

Joanie : Est-ce que la peur de parler aux gens aggrave ton bégaiement ?

Autumn : Oui, je dois le dire parce que je ne savais pas ce qu’ils diraient de moi s’ils m’entendaient bégayer. Je pensais qu’ils se diraient dans leur tête : "Elle doit avoir un problème bizarre de parole ou elle doit être handicapée."

Joanie : Quel sentiment as-tu maintenant qui t’aide pour ton bégaiement ? Est-ce que tu te sens plus confiante maintenant ?

Autumn : Oui, je me sens plus confiante et à l’aise. Je me sens beaucoup plus heureuse depuis que j’ai fait cette présentation. Je ne crie plus sur les gens quand ils s’amusent de mon bégaiement. Pour moi, cette année est sans doute l’une des meilleures. Les autres années où j’allais à l’école personne ne connaissait le bégaiement et ils continuaient à se moquer de moi.

Joanie : Pas d’autres raisons pour avoir voulu faire cette présentation en classe ?

Autumn : Et bien... En fait, je voulais être interrogée plus souvent en classe.

Joanie : Et en quoi penses-tu que cette présentation a aidé à cela ?

Autumn : Pendant la présentation, quand j’ai dit, "Je suis capable de parler" et "Ca m’aide si vous ne finissez pas mes mots," je pense que ça a permis de passer le message.

Joanie : Et tu voulais que ton professeur entende cela. Aurais-tu été trop mal à l’aise pour lui dire ça toi-même ?

Autumn : Oui.

Joanie : Si tu pouvais donner un conseil à un autre garçon ou une autre fille qui pense faire une présentation sur le bégaiement, que lui dirais-tu ?

Autumn : Je dirais, "Vas-y ! Ne sois pas inquiet de la manière dont ta classe va réagir parce qu’en général ils seront intéressés par ce que tu dis. Et après ça, tu gagneras un peu de respect."

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Témoignage de Matthew : "je suis heureux que nous l’ayons fait."
par Matthew K.

Salut, je m’appelle Matthew. Je vais au collège à Lawrence, dans l’état de New York, et je suis en sixième. J’ai sept frères et trois sœurs. Un de mes frères est mort quand j’avais seulement six mois. Je bégaye. La plupart de temps, ça ne m’embête pas vraiment mais parfois j’aimerais ne pas avoir ce problème. Mon orthophoniste est Heather Grosman et elle est spécialisée dans le bégaiement. Elle travaille à l’Université de Hofstra.

Le 16 novembre, j’ai fait une présentation devant ma classe sur le bégaiement pour que mes camarades et mes professeurs comprennent mieux ce que c’était. J’ai travaillé vraiment dur là-dessus avec Mme Grossman et trois de ses étudiants qui se préparent à être orthophonistes. Nous avons commencé à penser à l’idée générale vers mi-octobre. Nous avons préparé un plan de ce que nous voulions faire durant le cours. Nous allions faire deux cours d’environ 45 minutes chacun. Nous avons décidé que j’utiliserais l’Internet pour trouver quelles personnes célèbres bégayaient. J’ai trouvé plein de choses que je ne savais pas. Par exemple que le type de Star Wars, Dark Vader (James Earl Jones), bégayait. Bo Jackson, qui a été à la fois joueur professionnel de base-ball et de football américain bégayait aussi.

Le jour de la présentation, je tremblais. J’étais si nerveux que j’avais les mains moites mais j’étais heureux que ça arrive enfin. Nous avons vraiment beaucoup travaillé pour que ce soit intéressant et pour donner à mes camarades une meilleure compréhension du bégaiement. Mais je ne savais pas quelle serait leur réaction. Peut-être qu’ils diraient “c’était idiot et on a perdu notre temps” ou ils diraient quelque chose de sympa comme "Matt, c’était super. J’ai appris quelque chose et c’était une bonne idée."

Voici de quoi nous avons parlé durant le cours. Nous avons expliqué comment le cerveau fonctionne durant le bégaiement. Nous avons posé des questions pour voir ce qu’ils savaient sur le bégaiement. Nous avons parlé de ce que ressentait une personne qui bégaie et nous leurs avons demandé comment ils réagissaient quand quelqu’un bégayait. Nous voulions savoir s’ils s’impatientaient lorsqu’une personne bégayait et nous voulions voir s’ils savaient comment réagir. Par exemple, nous voulions savoir s’ils gardaient le contact visuel ou essayaient de « compléter les mots » ou s’ils comprenaient. Nous leur avons donné un « piège à doigts chinois »* pour qu’ils puissent percevoir ce que c’était de se sentir frustré quand ils étaient coincés. Nous avons aussi parlé des personnes célèbres qui bégayaient et plusieurs de mes camarades ont été surpris. C’était une bonne leçon de leur montrer qu’une personne qui bégaie pouvait utiliser différentes stratégies et techniques pour s’en sortir.

Quand nous avons fini le cours, tout le monde a applaudi et m’a félicité pour la présentation. Madame Grossman et ses étudiants ont aussi bien participé et ils ont été aussi félicités.

Mes professeurs ont dit que c’était très utile et qu’ils ont appris des choses. Au final, les gens ont dit des choses super sur la présentation. Je peux dire qu’ils ont appris quelque chose. Même si j’étais nerveux au début, ça a payé et ça en valait vraiment la peine. Cela m’a appris que les gens sont intéressés par le sujet et que si vous rendez le cours amusant et intéressant, ils apprendront beaucoup.

Je suis heureux que nous l’ayons fait et je remercie beaucoup Madame Grossman pour son aide.

*Le piège à doigts chinois est un jouet qui emprisonne les deux index dans un petit cylindre (voir photo). Plus la victime essaie de se libérer, plus le piège se resserre. Le piège à doigts chinois est ainsi devenu une métaphore pour faire passer un message sur le bégaiement : plus on force, moins ça passe…

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Témoignage de la maman d’Ashlee : "j’étais si fière !"

Note : Vous trouverez peut-être que l'enthousiasme de cette mère est un peu too much mais cela montre bien combien les parents peuvent souffrir et s'inquiéter du bégaiement de leur enfant. Le soulagement et l'euphorie de la maman sont à la hauteur de cette angoisse.

Depuis des semaines, ma fille Ashlee, 13 ans, parlait de faire un exposé sur le bégaiement devant sa classe et je devenais de plus en plus nerveuse.

Je m’inquiétais de la façon dont ses pairs réagiraient et je ne voulais pas qu’elle soit déçue ou blessée si cela ne se passait pas comme elle l’espérait.

Cela me dérangeait aussi qu’elle saute les déjeuners pour travailler à l’école sur sa présentation PowerPoint au lieu de manger et de socialiser avec ses amis, et pourtant j’admirais sa détermination. Cela a duré quelques semaines et elle continuait à trimbaler ce dossier rouge marqué "Présentation" entre le cabinet de son orthophoniste et l’école. J’ai essayé de l’encourager à faire plutôt sa présentation à l’une de ses réunions d’éclaireuses (scouts) parce que je savais qu’ils étaient ses amis et qu’ils lui apporteraient leur soutien, etc.

Mais mon opiniâtre et déterminée Ashlee (yeah!) continuait à avancer dans son projet de faire une présentation, en dépit de mes objections et de mes inquiétudes. A quelques reprises, elle s’est rendue plus tôt à l’école pour rencontrer son professeur d’anglais et elle est aussi allée au collège avec son orthophoniste.

Finalement, le jour est arrivé. Elle ne semblait pas nerveuse mais excitée et pleine d’énergie. Elle a invité son frère Michael, neuf ans, à assister à la présentation car il bégaie aussi (il était heureux d’être en retard à l’école !). Et j’étais invitée aussi.

Je ne peux pas vous dire combien j’étais nerveuse, excitée et fière d’être assise au fond de la salle avec mon fils et de regarder ma belle et radieuse fille debout devant un groupe d’une trentaine de ses pairs pour réaliser une présentation aussi amusante et informative sur le bégaiement ! Elle a donné quelques éléments de base et les a ensuite fait participer à un jeu sur le bégaiement. Tout le monde, y compris le professeur, s’est amusé à jouer et à apprendre des choses sur le bégaiement. Pendant la présentation, Ashlee a invité Michael à participer et il s’est lancé sans hésitation. Ils ont tous les deux demandé à la classe de trouver le nom d’un ancien joueur des Boston Red Sox qui bégayait et était maintenant aux New York Yankees. Je ne vous dis pas la réaction de la classe quand ils ont appris que c’était Johnny Damon !

Mes enfants m’ont donné beaucoup d’occasions d’être fière d’eux mais Ashlee s’est surpassée cette fois-là. Dans cette salle de classe, j’irradiais de bonheur et je me sentais si fière de la voir debout là, ne laissant pas le bégaiement interférer dans la façon dont elle voulait donner l’information à sa classe et prenant du plaisir en le faisant !

Je me souviendrai toujours du 19 janvier 2006, le jour où une jeune femme nommée Ashlee a décidé de relever le défi de dire à sa classe haut et fort qu’elle et son frère bégayaient, et qu’ils n’étaient pas les seuls ! Dans les deux dernières conventions de « Friends », le message était clair. Si vous annoncez votre bégaiement, vous bégaierez moins ! Le courage, la détermination, la confiance et la persévérance qu’a montrés Ashlee m’ont rendu si fière ! Peut-être qu’un jour Michael aussi décidera de faire quelque chose de semblable. S’il ne le fait pas, ce sera bien aussi. Tout ce que je sais, c’est que j’étais siiiiiiiii fière d’Ashlee !

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4 commentaires:

Olivier a dit…

Le coup du gamin qui explique en gros ce qui se passe dans le cerveau...
on est passé dans une autre époque, je crois ;-)

Julie de Paris a dit…

Bonjour, je m'appelle Julie et je bégaye depuis 10 ans et je voulais juste savoir si le fait de faire un exposé sur le bégaiement marche à tous les coups ou si ça ne marche pas sur certains ados.
Je voulais demander ça parce que je suis assez timide et j'ai peur que ça n'empire le regard des autres si je fais un exposé.
Merci beaucoup
Julie de Paris!!!

Laurent L. a dit…

Bonjour Julie de Paris,
C'est vrai que ce n'est peut-être pas faisable par tous les ados ou enfants qui bégaient. Les exemples que j'ai trouvés sont ceux d'enfants ou ados suivant déjà une thérapie et pouvant mettre en application des techniques leur permettant de prendre la parole plus facilement. C'est souvent un prolongement du travail qu'ils font avec l'orthophoniste. L'idéal est donc de te faire accompagner par une orthophoniste (si tu en as une) ou un proche. Tu peux aussi t'entraîner avec une copine de ta classe, par exemple, pour voir ce que cela donne. Parles-en aussi avec un prof pour voir ce qu'il en pense. Sachant que ce sera à toi de décider au final.
Un dernier conseil : ne recherche pas la performance et ne sois pas obnubilée par le fait de ne pas bloquer ou bégayer ! Ton objectif est d'expliquer ce qu'est le bégaiement et de faire comprendre ce que tu ressens à tes camarades, pas de faire un one-woman show. Il y a en effet un risque que tu bégaies ou bloques sévèrement mais finalement ça ne surprendra personne puisque tu veux justement expliquer que tu bégayes ! Et les autres ne peuvent pas t'en vouloir pour ça. Ils admireront plutôt ton courage de parler devant eux (alors que la plupart mourraient de trouille à ta place !) et te seront reconnaisants de la confiance que tu leur fais en expliquant ce que tu vis. Dis toi aussi que ce que tu feras serviras aussi pour toutes les autres personnes bègues qu'ils croiseront ensuite...
Merci pour ton message et tiens moi au courant de ce que tu feras.
Laurent

Anonyme a dit…

Merci beaucoup Laurent!
J'en parle à mon orthophoniste quand je la vois.
Je vous mets au courant de ce que je ferai...
Julie de Paris

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