11 févr. 2010

Conseils aux parents : comment réagir au bégaiement de votre enfant

Bégayer n’est pas facile mais être parent d’un enfant qui bégaie ne l’est pas non plus. Je m’en rends compte dans les témoignages que je peux lire ici et là et sur les messages ou commentaires que je peux recevoir. J’ai déjà relayé quelques conseils pour savoir quand consulter ou sur l’importance de lui donner un modèle de parole. J’étais cependant un peu démuni pour répondre sur la manière de se comporter et de parler du bégaiement avec son enfant (bien que j’avais quelques idées).
Je suis donc parti cette semaine à la recherche de documentation sur le sujet. J’ai fouiné dans la caverne d'Ali Baba de Judith Kuster (The Stuttering Home Page) et j’y ai déniché une véritable pépite.

C’est un long article rédigé à l’attention des parents par des orthophonistes américains (C. Woodruff Starkweather, Sheryl Ridener Gottwald et Murray Halfond). Ils s'y sont mis à trois mais franchement ça en valait la peine : c’est sans doute ce que j’ai lu de plus intelligent sur le bégaiement et sur les conseils à donner aux parents.    


Je vous ai traduit un long extrait de cet article qui décrit le désarroi et les réactions négatives des parents face au bégaiement de leur enfant, l’impact que cela peut avoir et les solutions pour adopter un comportement approprié et permettant d’accompagner positivement l’enfant.

Je vous recommande chaudement sa lecture. Ca m’a pris trois heures pour le traduire mais je ne le regrette pas. Plus j'avançais et plus j'étais épaté par la justesse de leur observation, de leur analyse et de leurs conseils. Si je ne devais vous dire qu’une chose pour vous inciter à continuer, c’est « j’aurais aimé que mes parents puissent le lire quand j’étais enfant ».


Si vous êtes parent, vous trouverez beaucoup de réponses aux questions que vous vous posez :
- Faut-il faire semblant de ne rien entendre ?
- Faut-il lui en parler ?
- Faut-il l'aider à terminer ses phrases ?
- Faut-il lui donner des conseils (respirer, ralentir) ?

Si vous bégayez, lisez le aussi : cela vous fera sûrement comprendre certaines choses sur votre parcours. Et je pense que la manière conseillée aux parents pour se comporter face au bégaiement de leur enfant n’est ni plus ni moins que l’attitude que vous devez avoir vis-à-vis de votre propre bégaiement !

Allez ! J’arrête les roulements de tambour et je vous laisse avec Woodruff, Sheryl et Murray.

Début de la traduction.

Le Problème :

Regarder et écouter votre enfant se débattre avec les mots peut être une expérience difficile. Les parents disent se sentir impuissants, frustrés et très seuls. Ils sont par dessus tout inquiets que la parole hésitante de leur enfant se transforme en un problème de bégaiement à vie, avec des répercussions sociales, émotionnelles ou même éducationnelles ou professionnelles.

Les comportements de bégaiement rendent les parents nerveux. Quand un parent ou un autre interlocuteur engage une conversation avec un enfant qui bégaie, il peut exprimer des sentiments d’anxiété, de peur, de gêne, d’impatience et de pitié par ses expressions ou ses gestes. Certains parents restent pétrifiés, arrêtent même de respirer, et se détendent ensuite de manière visible quand la phase de bégaiement se termine. D’autres disent que le bégaiement est si pénible à regarder, qu’ils se détournent jusqu’à ce que l’enfant arrête de bégayer.

Certains parents essaient de ne pas réagir du tout, mais leurs sentiments sous-jacents et leurs attitudes ressortent quand même. Ces attitudes et sentiments négatifs vont affecter l’enfant qui risque de développer un problème de bégaiement. L’enfant sent que la manière dont il parle est mauvaise et peut par conséquent essayer désespérément de ne pas bégayer. L’effort accru requis pour éviter le bégaiement augmente aussi la tension musculaire dans la bouche, le visage et le cou. Si vous avez essayé de faire du sport en étant très tendu, vous comprendrez pourquoi la fluidité verbale est plus susceptible de se rompre dans ces circonstances de tension.

Un cercle vicieux est créé. L’enfant a des accidents de parole qui déclenchent des sentiments négatifs chez les parents. Ces sentiments négatifs sont perçus par l’enfant qui essaie alors désespérément de parler de la manière qu’il pense être la meilleure. L’effort musculaire accru peut pousser l’enfant à se battre avec les mots et à forcer pour en sortir, alimentant ainsi l’anxiété des parents.

Les réactions négatives de l’auditeur mènent à la peur de parler. L’enfant qui reçoit fréquemment des messages sur le fait que sa manière de parler est « mauvaise » ou « pas bonne » peut commencer à perdre confiance de sa capacité à communiquer avec les autres. Pour un petit enfant, la difficulté pour parler est facilement généralisée à la difficulté pour réussir QUOI QUE CE SOIT. Quand un enfant devient plus conscient de ses difficultés d‘élocution ou expérimente des réactions négatives de ses interlocuteurs, il est plus enclin à éprouver de la frustration, de la honte, une faible estime de soi ou à attendre de la désapprobation sociale. Ce manque de confiance peut se transformer en une peur de parler ou un profond sentiment de honte, c'est-à-dire un sentiment que vous n’êtes pas assez bien ou même déficient. La peur de parler peut facilement se développer en peur de certains mots, de certaines situations de parole ou de certaines personnes. Cette réaction peut aller d’un léger malaise à la panique et peut amener l’enfant à éviter de parler.

Les Solutions :

Pour briser le cercle vicieux qui se met en place quand ils réagissent négativement aux difficultés d’élocution, les parents peuvent apprendre à réagir au problème de leur enfant de manière plus positive. Mais ce n’est pas une chose facile à faire.

Soyez pragmatique et regardez la réalité. Tout d’abord, vous devez apprendre tout ce que vous pouvez sur l’élocution normale et le bégaiement. Obtenir ces informations vous aidera à reconsidérer de manière plus objective vos sentiments et attitudes. Lorsque nous parlons, nous avons tous des hésitations ou accrochages, certains plus que d’autres. Ecoutez les hésitations et répétitions qui surviennent dans la parole de vos amis ou de vos proches. Les « disfluences » ne sont pas touours des tentatives ratées de parole. Elles sont une manière pour des orateurs accomplis de gagner du temps pour rassembler leurs pensées tout en maintenant le contrôle de la conversation. La parole normale n’est pas exempte d’hésitations, de pauses, de « humm » et de « ahs », et autres interruptions dans le flux des mots.

De 4 à 7 ans, un nombre important d’enfants (25-50%) traversera une période de disfluence inhabituelle. Environ 50% de ces enfants vont se débarrasser de ce problème, même sans recourir de l’orthophonie. Pour ceux pris en charge de manière précoce, le taux de succès est de 95%, et cela semble vrai quelque soit la méthode utilisée.

Appréhendez le bégaiement plus efficacement. Quand un enfant bégaie, c’est mieux de le laisser finir lui-même sa pensée. Une règle générale est de ne pas interrompre un enfant durant un bégaiement ou à n’importe quel moment, d’ailleurs. Il peut y avoir des exceptions à cette règle. Si votre enfant est bloqué sur un mot et force en vain pour le sortir, vous pouvez lui demander s’il veut de l’aide. Avec sa permission, vous pouvez alors dire le mot. En demandant la permission, vous permettez à l’enfant de garder le contrôle de sa parole. Certes, cela peut instituer une mauvaise habitude chez l’enfant, mais la détresse et la frustration de ne pas être capable de sortir le mot peut aussi mener à un développement du bégaiement, donc c’est un choix difficile. Une fois que l’enfant a appris de meilleurs moyens que de lutter pour gérer son bégaiement, votre aide ne sera plus nécessaire.

Vous pouvez avoir l'impression que si votre enfant ralentissait ou s’arrêtait pour respirer, le bégaiement ne serait plus un problème. En fait, ce genre de suggestions ne feront probablement que rendre le problème plus complexe. Tout d’abord, il est probable que le bégaiement est à l’origine des problèmes de respiration, plutôt que l’inverse. Quant au ralentissement, c’est vrai qu’une parole plus lente est plus fluide mais c’est très dur, même pour un adulte, de ralentir tout le temps. Pour les enfants, qui ont tendance à être plus spontanés, ralentir est même encore plus difficile. Mais quand vous dites à votre enfant de parler différemment, c’est une manière de lui dire très clairement que ce qu’il fait est mauvais. Vous suggérez que s’il faisait les choses autrement, ce problème serait résolu. L’enfant commence à sentir qu’il n’est pas très bon pour parler. Son estime de soi comme orateur, et comme personne, commence à en souffrir. Vous pouvez comparer cette expérience aux sentiments que vous pouvez avoir lorsque vous essayez de jouer à un sport auquel vous n'êtes pas très bon. Vous avez l'impression de partir battu avant même d'avoir commencé. De la même manière, si l'enfant entend continuellement des conseils qu'il ne peut appliquer, il peut commencer à se sentir coupable et à essayer encore plus de changer sa façon de parler. En essayant encore plus fort, l'enfant peut commencer à se débattre, en développant des trucs pour forcer les mots à sortir. Ce serait un problème de bégaiement encore plus grave. Dépasser le bégaiement n'est pas seulement une histoire de volonté. En fait, essayer de parler de manière fluide par l'exercice de la volonté, produit un effet inverse et suscite plus un comportement de bégaiement.

Augmenter votre tolérance aux disfluences. Lorsque vous parlez à votre enfant, vous pouvez être distrait par les répétitions de mots ou de syllabes ou les blocages. Avec de la pratique et de la discipline, vous pouvez apprendre à vous focaliser sur ce que l’enfant dit et non sur la manière dont il le dit. Beaucoup de bègues adultes disent qu’ils n’ont jamais eu l’impression d’être écoutés lorsqu’ils étaient enfant. Tout le monde n’écoutait que leur bégaiement. Etre entendu est un élément essentiel dans toute relation et il est particulièrement important pour les enfants de parler à leurs parents. Il est important que vous vous exerciez à acquérir progressivement une tolérance à leurs bégaiements. En répondant à ce que vous dit votre enfant plutôt qu’à ses accrochages, vous lui montrez qu’il  a de la valeur et que le temps que vous passez à lui parler a aussi de la valeur. Malgré les accrochages, les enfants sentent qu’ils ont de la valeur en tant que partenaires de communication. Leur confiance sur leur capacité à communiquer restera intacte.

Sentez vous libre de parler du bégaiement. Le bégaiement ne doit pas être ignoré. Il est cependant facile de comprendre pourquoi les familles peuvent éviter de parler du bégaiement. Le bégaiement peut être associé à un problème de nervosité et en parler pourrait rendre l’enfant encore plus nerveux. Cependant, ce n’est pas le cas du tout. Lorsque l’enfant lutte et que ses difficultés sont évidentes mais que personne n’en parle, un problème peut se développer. Ce problème est appelé « la conspiration du silence » Même un très jeune enfant qui bégaie sait qu’il parle différemment ou que la parole est une chose difficile à produire. Il va commencer à chercher de l’aide auprès de ses parents. Si personne ne parle de ses difficultés, l’enfant peut commencer à penser que sa parole est tellement mauvaise qu’elle doit rester cachée. Le résultat de ce modèle de réaction parentale est que beaucoup de bègues développent un sentiment profond de honte vis-à-vis de leur bégaiement. D’autres enfants peuvent en venir à penser que le bégaiement est quelque chose d’inaudible. Ce ne sont pas des réactions saines. Trébucher en parlant n’est pas tellement différent de trébucher en marchant. Vous devez vous relever et continuer. Si un enfant tombe, les parents l’aident à se relever, s’assurent qu’il ne s’est pas fait mal, et continuent. L’enfant qui bégaie a aussi besoin d’être rassuré et d’avoir un support émotionnel.

Si le bégaiement est évident, les parents doivent se sentir libres d’en parler avec leur enfant avec des mots qu’il peut comprendre. Cette préconisation a deux objectifs. Premièrement, en parlant du problème, vous reconnaissez qu’il existe et que vous êtes là pour aider votre enfant et le soutenir. Deuxièmement, en reconnaissant le problème de manière pragmatique, vous rassurez l’enfant en lui montrant que le problème n’est pas catastrophique. Il est important d’utiliser des mots que l’enfant peut comprendre. Si la parole de votre enfant contient des répétitions, le mot "bosselé" peut être approprié. Si l’enfant prolonge les sons ou bloque, "collant" ou "dur" peuvent être les mots adéquats. Souvent, les enfants vont trouver leurs propres mots pour décrire le problème, si on leur en donne l’opportunité. Par exemple, un enfant de deux ans et demi parlait des mots « qui étaient coincés dans ma bouche » et son bégaiement était assimilé à une parole collante ou gluante Pour un autre, la prolongation d’une voyelle ressemblait à la production d’une bulle de chewing gum, alors il appelait ça la « parole chewing-gum ».  Si l’enfant a appris à appeler son problème «bégaiement » alors ce mot doit être utilisé pour parler de ses accrochages. La seule précaution à prendre est de bien faire comprendre qu’avoir un problème de bégaiement et être un bègue sont deux choses très différentes. Votre enfant peut avoir un problème de bégaiement, mais il est aussi très souvent fluide durant la journée. Et cet enfant va probablement devenir un locuteur normal. Il est trop tôt pour lui coller une étiquette, d’autant plus qu’elle ne décrit qu’une petite et indésirable partie de sa parole. Si nous pouvons séparer les enfants du comportement qu’ils produisent, ils peuvent apprendre qu’ils sont des gens bien et qu’ils ont de la valeur même si leur comportement n’est pas toujours parfait. Une bonne leçon pour chacun d’entre nous.

Il est indiqué de commenter de temps en temps de manière neutre le bégaiement de l’enfant lorsqu’il a fini de parler. Vous pouvez dire à l’enfant que oui sa parole était un peu cahoteuse à ce moment présent et que parfois les gens ont une parole hésitante. Adoptez vous-même parfois une parole hésitante (mais sans forcer ou lutter pour sortir vos mots) pour montrer que ce n’est pas quelque chose dont il faut avoir peur. Mentionner la parole hésitante d’un enfant et en produire vous-même aident l’enfant à comprendre que nous connaissons tous cela de temps en temps. Le plus important est que l’enfant apprenne que, malgré les répétitions, il est accepté et aimé. Mais cela ne signifie pas que chaque fois que l’enfant bégaie, il doit recevoir une tape affectueuse ou une petite caresse sur la tête. Ce serait lui dire qu’il est aimé à cause de son bégaiement et ce ne serait pas bon non plus.

Construisez sa confiance en lui : Puisque l’estime de soi et la confiance de votre enfant peuvent être mises à l’épreuve à cause de ses accidents de parole, il est important de contrebalancer cela en lui offrant de nombreuses opportunités d’expériences positives. Tout d’abord, un parent peut recourir davantage à l’éloge verbal. Les enfnats ont besoin d’entendre régulièrement que leurs parents apprécient d’être avec eux, aiment parler avec eux et sont heureux de ce qu’est leur enfant. Pour vous aider, vous pouvez penser à ce que vous aimez chez votre enfant et quels sont les domaines dans lesquels il est à l’aise. En complément de ces éloges, les parents peuvent donner plus d’occasions à leurs enfants de faire ce qu’ils font le mieux tout en diminuant les occasions de se confronter aux choses avec lesquelles ils sont en difficulté. Si votre enfant est bon en sport et aime se dépenser, des sorties fréquentes au parc peuvent être prévues plutôt que des jeux de société ou des travaux manuels, qui nécessitent souvent de parler davantage. Si vous remarquez que votre enfant est dans un moment ou une phase de parole plus facile, suscitez plus d’opportunités de conversation. De même, réduisez les temps de parole dans les moments où le bégaiement semble particulièrement sévère en proposant à votre enfant des activités non verbales comme écouter de la musique ou chanter. Mais ne le faites pas de manière trop rigide ou évidente; cela pourrait en effet pousser votre enfant à ne pas parler quand le bégaiement est présent.
Fin de la traduction

Voilà…
Juste un mot pour finir. Bien sûr, cela fait beaucoup de choses à assimiler et tous ces conseils ne sont pas forcément faciles à suivre mais, je le répète, ils sont pertinents. Alors, prenez le temps de les relire et ESSAYEZ. Parce que, si vous le faites, l’enfant bègue qui est toujours en moi vous prendra par le cou et vous chuchotera à l’oreille « Merci !».

Laurent

Lien vers l'article original (version intégrale)

P.S1 : Spéciale Dédicace à Carole et Emma.
P.S2 : je me suis fait de nouveau plaisir sur le visuel... Mais on est tous un peu le Zorro de ses enfants, non ?

Le bégaiement chez l’enfant
"Des fois je bégaie", un livre pour les enfants de 7 à 12 ans
Mon enfant bégaie
Mon enfant bégaie : comment en parler à l’école ?
Mon enfant bégaie : quand consulter ?
Des livres pour aider les enfants qui bégaient
Ils se moquent de moi ! Comment répondre ?
Votre enfant bégaie : ne culpabilisez pas !"

18 commentaires:

carole a dit…

ENCORE ENCORE.

je vais lui faire lire l'article quand je rentre à la maison dimanche.
verdict, bientôt...

ça rejoindra la cohorte de nos discussions surréalistes sur les pédagogies diverses et variées.

carole.

carole a dit…

et je rajouterai en graphiste que je suis, banco pour les visuels. rien à dire .

re carole.

Anonyme a dit…

Et dans la cas ou le parent aussi est bégue ?

Que faire

Laurent L. a dit…

Avoir un enfant bègue est souvent une grande appréhension chez les parents bègues.
Tout d’abord, il faut vous débarrasser de tout sentiment de culpabilité. Les spécialistes s’accordent en effet pour dire aujourd’hui que le bégaiement « par imitation » n’existe pas. Votre enfant ne bégaie donc pas parce qu’il vous a entendu bégayer.
Ensuite, je pense qu’il faut le prendre comme une chance, pour deux raisons. La première est que, en tant que bègue, vous êtes sans doute mieux informé qu’un parent « normal » sur le bégaiement et mieux à même de comprendre votre enfant et ce qui peut l’aider. La deuxième est que cela peut être pour vous l’occasion et une motivation supplémentaire pour réfléchir sur votre bégaiement et suivre avec votre enfant une éventuelle thérapie. J’ai lu récemment le témoignage d’une orthophoniste américaine qui disait travailler souvent avec des enfants ayant des parents qui bégaient . Ces derniers assistent aux séances et ateliers avec leurs enfants, afin de travailler aussi sur leur bégaiement. Je trouve que c'est une manière positive d'aborder les choses.

Anonyme a dit…

merci pour votre travail et votre énergie

Laurent L. a dit…

Merci !

Anonyme a dit…

Bonjour!

Je vous remercie d'avoir réuni toute cette information et ces témoignages. La visite de votre blog a été énormément éclairante pour notre famille. Votre article est à lire, à relire et à relire!...
Merci de votre travail et bonne chance!

Anonyme a dit…

Bonjour! Merci pour ces écris cela donne des idées pour accompagner nos enfants.

Unknown a dit…

Mon enfant de 5 ans est bégue je l'aime je vais essayer

Mélanie Thibes a dit…

Excellents articles, et traduction, je me retrouve tout a fait la dedans, maman de 2 petits garçons qui begaient.
Je suis absolument d'accord avec tout ce qui se dit.
Mon premier garçons qui a 5 ans aujourd'hui, a commencé a bégayer a 2 ans et demi, nous sommes passé par une phase de plus d'un an de bégaiement sévère. Aujourd'hui il est presque derrière nous.
Pour mon second garçon, qui n'a pas trois ans cela a commencé le mois dernier. Cela a très vite pris de l'ampleur, mais on a réagit encore plus rapidement, efficacement, et avec plus de recul et moins d'anxiété. Et je pense aussi qu'on n'est pas loin de la parole fluide "normale". Il s'est mis a ne plus articuler, peu parler. Je lui ai expliqué que maman était la pour l'aider a parler, que parfois c'est pas facile de faire sortir les mots de la bouche. Je passe du temps calme avec lui, a féliciter sa parole fluide, même un "oui" un "ça".
Je ralenti mon débit de parole, je prolonge le premier sons de mes phrases... Naturellement il adopte la même manière de parler parfois.

C'est très dur en tant que parents de prendre le recul au début, mais ensuite des que la situation est acceptée, comprise, que la parole fluide est félicitée, les bosses évoquées de temps a autres, la communication redevient naturelle, plus facile, agréable pour chacun.
J'ai mis du temps pour mon aîné a prendre ce recul, mais ce n'est qu'après cela que le bégaiement a commence a régresser.


Adieu les bosses.

carole a dit…

j'avais commenté en 2010, avec mon garçon de 12 ans, qui begayait depuis ses 2/3 ans, qui était au collège et qui passait pas mal de temps chez l'ortho... et voilà 6 ans après, je peux vous dire comment nous avons appréhendé le bégaiement de mon fils qui a désormais 18 ans : avec humour et détachement. petit il avait des seances d'ortho classique. et puis à 12 ans il en a eu un nouveau. lui disait qu'en fait il était comme ça, point. certains sont blonds, d'autres petits, d'autres avec un bras plus court, et d'autres qui n'aiment pas le poivron. ben lui il est bègue, voila tout. et il y a je vous assure un vrai soulagement à se dire que oui c'est ok en fait, il n'en "guérira" pas il faut juste apprendre à s'organiser avec ça. et finalement on a lâché prise sur le truc "au secours il faut trouver une solution", et mon fils a appris à s'en détacher. et surtout, surtout, en meme temps ça lui a fourni une arme contre les enfants qui se moquaient. car il rigolait en leur disant que c'est eux qui étaient cretins car lui n'y pouvait rien, et que donc se moquer d'un truc de naissance c'est juste tellement con. en fait, d'apprendre a s'accepter comme il était a été une renaissance, car d'un coup il n'y avait plus de culpabilité de ne plus arriver a cesser de bégayer malgré les séances. et un jour, son ortho, au bout d'un an environ m'a dit ok il faut arrêter maintenant. il connait toutes les techniques, il va tres bien, il est solide et s'il veut diminuer son bégaiement désormais il sait comment faire. ça lui a donné une force incroyable. et je peux vous parler de lui maintenant donc. il a 18 ans, il est grand et fort comme un viking, a un humour redoutable, fait de la magie, vient d'avoir son bac S avec mention tres bien, et viens de démarrer math Sup à bordeaux. et il bégaie, encore, lorsqu'il est fatigué ou qu'il s'en fout. car c'est ça désormais le truc, il sait absolument parler sans bégayer , mais il ne se force pas lorsqu'il est avec ses potes ou sa famille. il gère et il s'en fout en fait. car il sait qu'il est comme ça. en fait on s'en est aperçu une fois il y a trois ou quatre ans, il était avec des potes et on l'entendait parler et il butait pas mal sur les mots, et le soir je lui ai demandé s'il voulait qu'on retrouve des consultations, et il a rigolé et il s'est mis a parler sans bégayer en nous expliquant qu'il savait parler sans bégayer mais que bon c'est bon on s'en fout en fait. et là je me suis dit, c'est gagné. car dans la vie il y a deux options lorsqu'on a une différence c'est ou d'en faire un complexe et de s'en rendre malade pour que personne ne le voit et vite arriver à s'en débarrasser si tant est que ça soit possible. avec le risque que ça nous pourrisse toute la vie qu'on va passer sur terre. soit vite, vite s'approprier cette différence, meme si on peut souhaiter qu'elle disparaisse mais se dire qu'on est comme ça et envoyer bouler les autres qui ne supportent pas cette différence. et vivre sa vie en s'acceptant. c'est plus facile à dire qu'à faire. mais je suis fière de mon fils, car il a réussi. bref voila notre expérience. mais putain, quelle galère !
bon c'est surement pleins de fautes, mais j'ai deux jumeaux de trois ans sur le feu là qui cavalent partout

Laurent L. a dit…

Merci Mélanie et Carole pour vos retours, c'est super d'avoir des témoignages aussi encourageants et rassurants !

Mélanie, merci de montrer que ce type d'attitude est efficace ! Vos garçons ont eu beaucoup de chance d'avoir croisé votre route :-) "Plus de recul et moins d'anxiété", voilà une clef à mon avis importante.

Carole, que ça me fait plaisir d'avoir des nouvelles de votre fils 6 ans après ! C'est super émouvant ! Et quelles nouvelles ! Je suis tellement content pour lui et votre conclusion est une belle philosophie, à laquelle j'adhère totalement. Merci encore d'être revenue témoigner ici... entre deux chasses aux jumeaux :-)

Mélanie et Carole, seriez-vous d'accord pour que je reprenne vos témoignages sur la page Facebook du blog ? Ils méritent vraiment d'être largement diffusés et même d'être affichés dans tous les cabinets d'orthophonie ! Vous savez combien le bégaiement peut être angoissant pour les parents, vos paroles feront du bien à beaucoup, j'en suis sûr.

Laurent

Mélanie Thibes a dit…

Avec plaisir pour moi Laurent. ;-)

Anonyme a dit…

Bonsoir
Je suis actuellement en plein désarroi concernant le bégaiement de ma fille de 4 ans qui bégaie depuis 4 mois (ma plus grande de 9 ans bégaie aussi)
Mélanie ou Carole est il possible de vous contacter sans trop vous déranger juste 1 fois afin de m aider? J ai besoin d en parler car je ne me sens pas très bien... excusez moi d être aussi directe

Anonyme a dit…

Pardon je n ai pas laissé mon prénom je m appelle Stella et j ai 2 filles qui bégaie de presque 9 ans et la dernière de 4 ans
Merci

Mélanie Thibes a dit…

Melanie.sabatier@yahoo.fr

carole Ballu a dit…

et bonjour, donc je t'ai envoyé un mail laurent via contact, mais je ne sais pas si tu l'as eu. du coup je disais qu'il n'y avait aucun souci pour le témoignage de mon fils telly, tu peux le publier. et je te disais aussi que je venais d'apprendre que tu connaissais ma soeur, qui vit à Noves, sophie la mère de rose qui bégaie aussi. notre capital genetique est pourri, je sais !
stella, on peut discuter bien sur, avec plaisir !

carole/ pfeuu@hotmail.com/ 06 63 31 68 33

Laurent L. a dit…

Merci pour votre accord, Mélanie et Carole.

Stella, il existe aussi un groupe Facebook pour les parents d'enfants qui bégaient : "PEQB Groupe des Parents d'Enfant qui Bégaie".

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