12 déc. 2013

Les sorcières du bégaiement


Elles se réunissent chaque soir en ricanant, heureuses d’avoir saboté la journée d’une personne qui bégaie. Elles ne cessent de chanter à votre oreille, sirènes maléfiques, pour précipiter le naufrage de votre parole et de votre confiance.

Ce sont vos principales ennemies, celles qui se dressent sur votre route vers la Fluence et vous devez apprendre à les chasser, quitte à leur donner un bon coup de balai sur la tête.

Dans cet article, je ne vais pas vous les présenter : vous les connaissez. Je vais juste vous demander de me suivre pour les observer d’un peu plus près…afin de mieux les combattre…

Qui ? LES SORCIERES DU BEGAIEMENT !!!
(Eclair fracassant ! Volet qui claque, ombres dans la nuit. Brrr…. Ce post est à lire un soir d’orage, dans une maison vide, à la lueur d’une chandelle, à côté d’une fenêtre qui grince…).

La plupart des citations de l’article sont issues du livre « Conseils pour ceux qui Bégaient »,  que j’ai traduit avec l’aide de Richard Parent, mon complice québécois. Pour rappel, les 28 contributeurs de cet ouvrage sont des thérapeutes américains du bégaiement ayant eux-mêmes bégayé.

Allez, zou ! Prenez vos flambeaux et suivez-moi, nous descendons dans la crypte.



La Peur

C’est la Veuve Noire, la Reine des Sorcières, la chef de bande, la Matrice, celle qui dirige et alimente tout. La Peur et ses puissants tentacules qui vous enlacent et vous retiennent : celle d’être différent, d’être jugé, d’être imparfait, d’être rejeté…
La peur nous submerge, nous tétanise, nous empêche d’avancer, nous pousse à l’évitement, au repli sur soi. C’est elle qui fait grossir la fameuse partie immergée de l’iceberg du bégaiement. Pour rappel cette métaphore a été trouvée par Joseph Sheehan, un psychologue qui a bégayé lui-même et a beaucoup travaillé sur la thérapie du bégaiement. Les comportements de bégaiement visibles, ceux qui sont à la surface, au dessus de l’eau (les répétitions, les blocages, les substitutions de mots et les efforts physiques déployés pour parler) ne constituent que la pointe de l’iceberg. Les parties les plus importantes, celles qui maintiennent le bégaiement, se cachent dans les profondeurs : la peur, la honte, la culpabilité…
Je ne vais pas faire un long développement sur ce thème et je citerai un seul chiffre. Savez-vous combien de fois le mot « peur » apparaît dans « Conseils pour ceux qui bégaient » ? 160 ! Presque à chaque page ! Autant dire que le sujet est incontournable. Voici un florilège des réflexions des contributeurs :
Honneur d’abord à Joseph Sheehan : « Le bégaiement est un conflit, un conflit bien spécial, entre l'action d'aller de l'avant et celle de se retenir – un conflit de type "approche-évitement". Tu veux t’exprimer mais, à cause de la peur, tu es déchiré par une force contradictoire de retenue. »

« Tous les sujets bègues ont en commun deux sentiments très puissants et très inhibants : la Peur et l’Anxiété. C’est là que repose le cœur du problème. Si la peur du bégaiement peut être réduite, alors le bégaiement lui-même peut à coup sûr être réduit. » renchérit Margaret Rainey.

J. David Williams lui emboîte aussitôt le pas, refusant de se laisser distancer par Miss Maggie : « La peur que vous en avez est l’aspect le plus perturbateur et le plus difficile à traiter.  En l’absence de cette peur du bégaiement, vous n’auriez pas fait, en vain, tous ces efforts pour le nier, le cacher et éviter sa manifestation. La peur nuit à la pensée rationnelle et au comportement moteur volontaire, dont fait partie la parole. Si votre peur du bégaiement atteint, à quelque moment que ce soit, un niveau critique, il vous sera alors impossible de mettre en pratique toute technique volontaire de modification de la parole; vous bégayerez alors, fort probablement, aussi sévèrement qu’avant.

Il est donc évident qu’un de vos principaux objectifs est d’apprendre à contenir cette peur du bégaiement dans des limites contrôlables. Efforcez-vous de ne plus céder à cette panique aveugle qui s’installait à l’approche d’une situation de parole redoutée. À défaut de pouvoir faire table rase de vos vieilles et trop bien conditionnées réactions de peur, vous pouvez vous exercer à passer outre. Il est toujours préférable de vous laisser-aller à parler, même si vous bégayez, que de demeurer silencieux par peur de bégayer. Cela vous donnera un peu plus de courage pour la prochaine fois ! »

Très humblement, c’est aussi mon expérience. C’est d’ailleurs le changement le plus notable entre aujourd’hui et il y a dix ans : la peur a disparu. Ou plutôt la panique a disparu. Il reste parfois de l’appréhension, et c’est normal, mais la terreur qui  me tourmentait avant de décrocher un téléphone s’est envolée. Pour l’expliquer, j’aime utiliser la métaphore de la planche (copyright Emile Coué, il me semble). Si on vous demande de traverser une planche posée à terre, vous allez peut-être faire un peu attention pour ne pas marcher à côté mais tout se passera bien. En revanche, si la même planche est posée entre deux immeubles à 30 mètres de haut, vous serez beaucoup moins à  l’aise et vous refuserez peut-être même carrément de traverser ! C’est ce qui m’arrivait parfois. C’est ce qui m’arrivait souvent. Mais à présent, j’ai l’impression que la planche est à un mètre de hauteur et que, même si je tombe, je ne me ferai pas bien mal. 

En résumé, je n’ai pas complètement dissous le bégaiement mais j’ai dissous la peur. Et ça change tout. J’irai même jusqu’à dire que cela a changé ma vie.

Voici donc quelques pistes pour dézinguer la Sorcière en Chef :

La première, celle qui est le plus souvent citée, c’est la confrontation : oser affronter sa peur pour mieux l’apprivoiser. Il vous faut adopter ce mantra : « Si tu fuis, elle te suit. Si tu fais face, elle s’efface». Les thérapeutes sont unanimes sur ce point :

« Tout programme de traitement du bégaiement devrait inclure la réduction des peurs associées à des mots et des situations puisqu’elles constituent une grande part des problèmes de toute personne bègue. Le seul moyen connu pour réduire les peurs est de s'y confronter directement. Vous devez maintenant vous jeter délibérément dans les situations et les mots que vous redoutez. Cela signifie passer des appels téléphoniques, parler à plusieurs employés dans les magasins, arrêter des passants et leur demander la direction de différents endroits, vous adresser à des groupes et vous confronter à toutes vos autres situations redoutées ». Lon L Emerick

« La peur et la gêne, deux émotions négatives assez courantes, sont connues pour interférer avec la capacité de se concentrer et de « performer » dans une activité. C'est vrai pour la parole comme pour le sport. (…) Intégrez dans votre plan de thérapie des exercices pour vous désensibiliser au bégaiement et aux émotions perturbantes. Vous n'éliminerez pas totalement vos réactions aux événements qui déclenchent le stress chez vous mais vous pouvez apprendre à réduire votre niveau de stress jusqu'à ce que la communication soit plus gérable. C'est difficile d'essayer de parler et de mettre en oeuvre des stratégies tant que le bégaiement et la peur semblent incontrôlables. La plupart des personnes qui bégaient ont besoin des indications et du soutien d'un orthophoniste durant cet aspect du « travail de changement. » Lois A. Nelson

Miss Maggie vous exhorte même au combat : « Ces blocages peuvent aujourd’hui faire figure de monstres pour toi, mais tu peux les changer en vulgaires épouvantails. Attaque-les ! Tu dois refuser de laisser tes mots et tes peurs te contrôler. »

Je parle de sorcières mais il y a aussi un démon : L’Evitement.  Comme vous anticipez un échec et que vous ne voulez pas être démasqué, vous décidez de reculer devant l’obstacle et de vous défiler. Or, cela ne fait que renforcer un peu plus votre peur.

« Vous devez éliminer ou réduire de façon drastique les évitements auxquels vous avez recours. Chaque fois que vous substituez un mot à un autre, que vous utilisez un son ou un autre truc pour initier la phonation, que vous retardez ou abandonnez une tentative de parler, vous aggravez votre problème. Plutôt que de diminuer lorsqu’on les évite, les peurs incubent et se développent. En évitant, on s’oblige à maintenir une vigilance constante et à continuellement inventer de nouveaux moyens pour éviter les mots, les interlocuteurs et les situations craintes. Cela s’apparente à verser de l’eau dans un panier percé. » Lon L Emerick

« L’évitement coutumier des situations de parole et des mots craints ne vous mènera, à long terme, nulle part. (…) Plus tôt vous abandonnerez votre comportement de retenue, mieux cela sera  C'est plus facile à dire qu'à faire mais cela peut être accompli. J'ai découvert qu'en affrontant mes peurs graduellement j'étais capable d'atteindre un tel objectif, et j'ai connu d'autres personnes bègues qui se sont "jetées" elles-mêmes dans des confrontations similaires. Utilisez le rythme qui vous convient le mieux, mais engagez-vous, d'une façon ou d'une autre dans ces confrontations avec vos "peurs de la parole". Il y aura des périodes ou vous serez incapable d'affronter les peurs inhérentes à différentes situations, mais persévérez. N'abandonnez pas ! Continuez à affronter vos peurs aussi souvent que vous le pouvez. En plus de la tranquillité d'esprit que vous développerez, vous deviendrez aussi plus fluide dans votre parole. Vous découvrirez que vous produisez moins de bégaiements et que le bégaiement ne sera jamais aussi sévère qu'il était avant votre confrontation.
Affrontez vos peurs aussi souvent et aussi régulièrement que vous pouvez. N'abandonnez pas si vous rebroussez chemin ; essayez d'aller "bille-en-tête » vers ces situations redoutées. Quand vous pourrez faire cela avec une certaine régularité, vous découvrirez sans doute qu'une nouvelle vie vous attend. » Sol Adler

D’autres techniques, comme la visualisation positive, par exemple, peuvent aussi vous aider. Pour mémoire, ce sujet a déjà été traité sur le blog. 

A vous de trouver ce qui vous convient le mieux.


La Dissimulation

Toujours piloté par la peur, vous êtes devenu expert en dissimulation. Votre obsession : ne surtout pas montrer votre bégaiement.

Tim Mc Keesey, orthophoniste et « ancien «  bègue,  expliquait qu’il avait l’impression "d’être un flic infiltré dans un mafia", vivant avec l’angoisse permanente d’être découvert.

Margaret Rainey décrit aussi bien ce sentiment : « Je faisais l’erreur d’utiliser tous les trucs possibles pour prétendre parler normalement mais aucun de ces trucs ne fonctionnait longtemps. J’accumulais les échecs et, après des années d’agonie, j’ai finalement découvert qu’il était temps de faire face. Pourquoi continuer plus longtemps à essayer d’éviter et camoufler le bégaiement ? Qui essayais-je de tromper ? Je savais que je bégayais et ceux qui m’écoutaient le savaient aussi. J’ai finalement pris le temps de me demander pourquoi je devrais continuer à si mal combattre mes vieux sentiments destructeurs. J’ai entrepris d’observer ces sentiments et quand j’ai commencé à les accepter ainsi que mon bégaiement, j’ai également commencé à réussir à parler. Ce qui est intéressant, c’est de voir combien mes vieilles habitudes de lutte étaient difficiles à  abandonner. C’était comme si je tenais un tigre enragé par la queue et que je n’osais pas le lâcher. »

Plus vous dissimulerez, plus vous ferez des choses pour ne pas bégayer, plus votre bégaiement se renforcera. Exposez-le, il craint la lumière. Et l’énergie et votre temps de cerveau consacrés à le dissimuler seront bien plus utiles pour d’autres tâches. Apprenez donc :
- à le laisser sortir pour mieux le modifier.
- à en parler ouvertement.

Joseph Sheehan en est aussi convaincu :

« Oui, tu peux t’en sortir. Aussi longtemps que tu accueilleras chaque moment de bégaiement avec honte, haine et culpabilité, tu ressentiras la peur et tu voudras éviter de parler. Cette peur, cet évitement et cette culpabilité ne pourront qu’engendrer encore plus de bégaiement, instaurant ainsi un cycle sans fin. La plupart des thérapies traditionnelles ont échoué à briser ce triangle vicieux justement parce qu’elles tentaient de prévenir ou d’éliminer l’apparition du bégaiement découlant de la peur. Tu réussiras mieux en réduisant ta honte, ta culpabilité et ta haine du bégaiement, lesquelles sont les causes immédiates de la peur. (…)

Si tu en as le courage, tu peux faire quelque chose contre cette peur. Tu peux être transparent vis-à-vis de ton bégaiement, l’exposer davantage à la surface. Tu peux apprendre à foncer et à parler, à te laisser aller malgré la présence de la peur. En d’autres mots, tu peux être toi-même. Tu te débarrasseras alors de l'insécurité qui survient toujours quand on veut se faire passer pour ce qu’on n’est pas. Tu réduiras la partie immergée de l’iceberg. Car il s’agit bien de la partie qui doit fondre en premier. En étant toi-même, en étant ouvert sur ton bégaiement, tu réduiras considérablement cette tension que tu subis. »

Larry Molt évoque aussi ce courage nécessaire : « le courage est l’ennemi juré du bégaiement. Nos peurs et nos échecs le font prospérer et celui-ci sort vainqueur chaque fois que, lorsque nous rencontrons quelqu'un, nous voulons jouer à "cacher le bégaiement". Je l’ai fait et je parie que vous avez vous-mêmes joué à ce jeu : substituer les mots, changer ce que vous vouliez dire, ne pas dire tout ce que vous vouliez dire et faire appel à tous ces trucs que vous avez mis au point pour "camoufler" votre bégaiement. Nous avons tous fait cela avec le vain espoir d’empêcher notre interlocuteur de découvrir cette horrible et honteuse vérité, à savoir que nous bégayons. Bien sûr, ce n’est ni horrible ni honteux pour eux; une telle connotation est d’abord et avant tout dans notre esprit. Et qu’avons-nous gagné si nous avons réussi à camoufler le bégaiement sans qu’ils s'en rendent compte ? Rien du tout puisque nous serons obligés de poursuivre ce jeu chaque fois que nous  rencontrerons cette personne, jusqu’au jour où la vérité se révélera, forcément, d’elle-même. Malheureusement, la pression augmente chaque fois que nous nous prêtons à ce jeu. Cacher le bégaiement signifie capituler devant la peur et la honte, avec pour seule conséquence de nourrir la froideur des profondeurs. »

Une façon de mettre un terme à ce jeu de "cache-cache bégaiement" consiste donc à faire savoir à notre interlocuteur, le plus tôt possible, que nous bégayons. Le fait de le divulguer diminue généralement, et de façon substantielle, la tension. Vous allez arrêter de vous contorsionner pour dissimuler votre pamplemousse . Et si vous avez quelques accrochages, notre interlocuteur saura alors ce qui se passe.

Parce que, d’un côté, il y a celui qui laisse passer la fille qui lui plaît et de l’autre il y a Mark, notre champion du monde, qui a parfaitement appliqué les conseils donnés ci-dessus :
« Bonjour Mademoiselle, je m’appelle Mark et je bégaie. Et je voulais vous prévenir que plus mon interlocutrice est jolie, plus je bégaie. » :-)


La Tension :

C’est la partie visible de l’iceberg,  la manifestation physique de la peur et de vos tentatives de dissimulation. Parce que ces sorcières sont aussi des poupées russes. La plus visible est la Tension. Si vous la dévissez, vous trouverez une autre poupée à l’intérieur : la Dissimulation. Et dans le ventre de la Dissimulation se cache la plus petite mais aussi la plus denses des poupée : la Peur, le cœur du réacteur.

En réduisant la Peur et la Dissimulation, vous allez donc mécaniquement réduire les manifestations de tension, comme l’explique James L. Aten : « Invariablement, la personne qui bégaie sur-réagit à ses erreurs. Elle redoute leur apparition, se contracte et se sent impuissante. Lorsque la tension est au plus haut, le flux de la parole s’arrête ou ne démarre pas. Comme vous continuez à avoir ces moments de tension, différents de ce que les autres orateurs peuvent vivre, votre peur augmente pour atteindre des niveaux de plus en plus élevés. Vous basculez dans la terreur et évitez peut-être même de parler. Beaucoup de bègues savent que la peur et la tension sont leurs plus grandes ennemies. Pour gagner la bataille contre le bégaiement, elles doivent être progressivement éliminées. »

Et ce travail sur vos émotions et comportements peut aussi être accompagné par des techniques de fluence qui vous permettront de passer en douceur les tensions résiduelles. Car, il restera toujours des moments de stress plus élevé ou de fatigue. Dans ces cas-là, il faut simplement apprendre à changer vos habitudes. Remplacer le réflexe de forçage ou vos vieux trucs de masquage par un réflexe de décontraction, de relâchement. C’est ce que vous explique Lon L. Emerick : « Essayez de bégayer avec moins d’effort et ouvertement. En réalité, le meilleur conseil que je puisse vous donner est d’apprendre à mieux bégayer, avec un minimum de tension et d’empressement. »

Ou encore James L. Aten : « Vous devez apprendre à remplacer les mouvements brusques, tendus et forcés par d'autres plus tranquilles, plus lents, plus relâchés. Typiquement, la tension se situe dans votre poitrine et votre respiration, votre gorge et vos cordes vocales, votre mâchoire, vos lèvres et votre langue. » 

Je confirme : un bégaiement relâché est beaucoup plus agréable qu’un bégaiement masqué,  une grimace, une onomatopée ou un passage en force. Mais j’avoue aussi que j’ai encore du mal à le faire… Cela fera partie de mes bonnes résolutions pour 2014 ! :-)

Pour apprendre à traverser en douceur vos moments de bégaiement, les orthophonistes peuvent vous proposer de nombreuses techniques : le bégaiement lent, l’Erasm, le pull-out…Si cela vous intéresse, certaines sont présentées sur le blog. Je vous laisse chercher.

La relaxation, la sophrologie ou la méditation, très en vogue actuellement, peuvent également vous aider à mieux prendre conscience des tensions dans votre corps et à savoir les relâcher. Vous pouvez même trouver sur Internet ou dans le commerce des enregistrements audio où vous serez guidés par une voix apaisante. Livres, vidéos et cours ne manquent pas sur le sujet, vous devriez donc trouver votre bonheur. Il y en a même pour les enfants (une ortho m’a conseillé « calme et attentif comme une grenouille » )

Ceux qui pratiquent régulièrement la relaxation et la méditation disent acquérir un réflexe de perception des tensions, qui les aide tout au long de leur journée. Des études montrent aussi que cela a des effets bénéfiques sur le stress, lapression artérielle, la créativité, les fonctions cognitives…

C’est tout le bien que je vous souhaite.


La Solitude :

La Peur, L’évitement et la Dissimulation chassent en meute avec une tactique imparable : vous isoler du troupeau pour mieux vous dévorer. Alors, de grâce, ne vous repliez pas sur vous-mêmes et cessez de ruminer dans votre chambre. Ne laissez pas le bégaiement vous couper du monde car ce sera sa plus grande victoire.

Déjouez les plans de ces sorcières : contactez une association, poussez la porte d’un groupe de self-help, connectez-vous sur les réseaux sociaux…. La meute restera à distance, vous passerez de bons moments et vous développerez vos habiletés sociales.  Et arrêtez de vous dire : « oui mais moi, je ne suis pas vraiment bègue » parce que :
1)  vous lisez ces lignes
2)  les autres « bègues » ne se résument pas à cela, tout comme vous. Le bégaiement n’est qu’une de leurs caractéristiques et ce sont aussi des personnes à découvrir avec toute leur diversité, leurs talents et leurs richesses. Vous les connaîtrez par le bégaiement mais vous sympathiserez avec eux pour bien d’autres raisons.

Quelques pistes pour dézinguer cette sorcière :
Les groupes deself-help 
La page facebookGoodbye Bégaiement https://www.facebook.com/GoodbyeBegaiement

Et le dernier né, créé cette semaine, qui connaît un démarrage époustouflant : « Le Cercle très Privé des Personnes qui Bégayent », un groupe privé Facebook qui permet aux personnes qui bégaient d’échanger entre elles. Je vous invite vraiment à aller y faire un tour : vous ferez le plein de chaleur et d’énergie. !

Ecoutez ce que dit Walt Manning, orthophoniste et « ancien » bègue : « Plutôt que de le considérer comme mon démon, j’en suis venu à voir mon bégaiement comme un actif, quelque chose qui m’a amené en des endroits excitants, qui m’a offert des opportunités de croissance et qui me permit de rencontrer des êtres merveilleux que je n’aurais autrement jamais rencontrés. Depuis des années, j’ai entendu d’autres personnes qui bégaient faire les mêmes commentaires, et je sais quelles le pensaient vraiment. »

Je confirme : grâce au bégaiement, j’ai fait des rencontres magiques et découvert des personnes que je n’aurais sans doute jamais rencontrées. Certaines sont devenues des amies, d'autres n'ont fait que croiser mon chemin. Peu importe : le moment a existé et chaque fois c’est une dose supplémentaire de chaleur humaine et d’énergie dans le moteur.

Mes Sorcières se sont enfuies et j’ai trouvé mes Muses.


Laurent




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