15 juin 2013

Lettres d'un papa qui bégaie à sa fille

Récemment, une amie ortho m’a passé une commande : « tu devrais écrire un article sur les papas bègues qui ont des enfants qui bégaient. »

De ma propre expérience et des échanges que j’ai pu avoir avec des bègues futurs papas, j’avoue que c’est une hantise courante : que notre enfant bégaie lui aussi.
Cependant, à la réflexion, je pense que c’est une chance pour un enfant bégayant de tomber sur un père ou une mère capable de comprendre ce qu’il vit. Comme le dit joliment un papa : « Si le bégaiement doit atterrir devant une porte, ne vaut-il pas mieux que ce soit devant la mienne ? »
«J’en suis convaincue », m’a répondu mon amie, « mais je connais le père d’un petit patient qui fait des bonds lorsque j’essaie de lui expliquer cela… »

Je suis donc parti à la recherche de témoignages sur le sujet et je suis tombé sur une petite pépite… Ou plutôt 7 pépites. Ce sont des lettres écrites par Tom, un américain qui bégaie, à sa fille de 10 ans qui bégaie elle-aussi (j’ai l’impression d’écrire « bégaie » tous les 3 mots avec ce satané sujet d’article !) Et je me suis dit qu’il fallait absolument que je vous les traduise parce qu'elles débordent d’amour, d’intelligence et de sensibilité.

Elles ont été écrites entre avril et juillet 1998 et je ne sais pas ce que sont devenus Tom et sa fille. Cette dernière a 25 ans… Et quelque chose me dit que c’est une bonne chose que le bégaiement ait choisi de frapper à la porte de Tom…

Voici donc la traduction de ces 7 lettres d'un papa qui bégaie.

Bonne lecture.

Laurent



16 avril 1998 - " Pourquoi les enfants se moquent d'autres enfants. "

Ma fille, mon amour, je voudrais te dire certaines choses. Je sais que parfois tu ne comprendras pas tout ce que je vais t'écrire mais cela viendra en temps voulu.

Tu vois, je veux te voir réussir dans la vie, triompher. Je veux que tu sois le meilleur de ce que tu peux être, malgré ton bégaiement. Tout ce que je sais, tout ce par quoi je suis passé, je vais te le donner pour que tu puisses le lire encore et encore. Tu es l'oeuvre de ma vie, ma chérie. Tu me rends si fier !

Nous allons parler de la manière dont tu peux réussir ta vie. Tu vas t'en sortir tellement bien à l'école ! Bien sûr, tu vas affronter quelques situations difficiles, qui seront parfois sources de ridicule mais nous y serons préparés, ma chérie. Nous ferons face ensemble !

Pour commencer, nous allons discuter de la raison pour laquelle les enfants se moquent des autres. Les gens essaient toujours de se mesurer à quelqu'un d'autre. Ce que je veux dire, c'est que parfois les gens se comparent à une autre personne pour savoir s'ils sont « meilleurs » ou non qu'elle. Et parfois, quand les gens pensent que tu es meilleure qu'eux, ils commencent à te taquiner, à rire de toi …
Ces gens-là se sentent en fait mieux quand ils peuvent de quelqu'un d'autre. Quand ils soulignent une « faiblesse » en toi, ils pensent que ça les rend meilleurs que toi. C'est courant parmi les plus jeunes.

Mais une personne n'est pas inférieure aux autres juste parce qu'elle est petite, grande, porte un appareil dentaire, des lunettes, ou bégaie. Ceux qui se moquent de toi sont loin d'être parfaits. Ils peuvent paraître « cools » mais ils ne sont pas du tout sûrs d'eux. C'est pour cela qu'ils se moquent de toi, parce qu'ils voient quelque chose en toi qui leur laisse penser que tu es meilleure qu'ils ne le sont.

Ma puce, ne ris pas avec eux. Regarde les simplement dans les yeux, avec un petit sourire aux lèvres et va t'en. Quel que soit ton degré de colère, ne leur montre pas. S'ils voient que tu es en colère, ils gagnent. Et je veux que ce soit toi qui gagnes !

Les gens pensent tous avoir un défaut. Et s'ils ne peuvent pas changer ce « défaut », cela les empêche de faire ce qu'ils veulent. Alors, ils deviennent malheureux et souhaiteraient être quelqu'un d'autre. Mais tu es une personne formidable, mon amour, et je ne veux pas du tout que tu changes !

La prochaine fois, nous parlerons de ce qui rend une personne heureuse.

Papa


18 avril - "C’est quoi la confiance ? "

Ma chérie, qu'est-ce que la confiance ? Comment une personne juge si ce qu'elle fait est bien ou non ? Est-ce qu'une personne qui bégaie est aussi importante qu'une autre ? Peut-elle espérer faire ce qu'elle veut de sa vie ?

La confiance vient de l'intérieur. La confiance c'est comprendre ce que tu peux faire de bien, réaliser combien tu es aimée par ta famille, tes amis et en particulier par ton papa !
Certaines personnes peuvent regarder de haut une personne qui bégaie mais elles ont tort ! Regarde tout ce que tu peux faire. Combien d'autres dans ta classe, dans ton école sont aussi beaux, aussi intelligents, aussi aimants et aussi attentionnés que toi ? Pas beaucoup ! Tu es juste comme Papa, ma puce : tu as un « don ». Quand tu te mets quelque chose en tête, tu le fais ! Rappelle-toi la première fois que tu as skié ? Fait du vélo ? Patiné ? Il y a tellement d'autres choses que tu feras dans ta vie ! L'avenir nous réserve tant de bons moments !

Si les gens nous regardent et nous appellent « bègues », cela prouve simplement combien leur raisonnement est superficiel et médiocre. Pense à quoi ressemblerait le monde si chacun était appelé par une de ses caractéristiques. Tu marcherais dans la rue et saluerais « Gros », « Petite », « Gros Nez », etc. Nous ne faisons pas cela, n'est-ce pas ? Quand tes amis et ta famille pensent à toi, c’est pour constater combien tu es intelligente, combien tu aimes tes animaux et combien tu es courageuse. Nous sommes si fiers de toi !

Tu sais que tu peux faire tout ce que tu veux dans la vie. Le Bégaiement t'en empêchera seulement si tu le laisses faire. Nous parlerons de cela plus tard.

Ton Papa


20 avril - "Ne laisse pas le bégaiement te retenir."

Ta vie entière est devant toi ! Ce que tu deviendras, ce que tu accompliras, les portes qui s'ouvriront devant toi et les gens qui seront touchés par ta présence sont trop nombreux pour que je puisse les compter !

Regarde ce que tu es déjà devenue, ma chérie. Tu as peut-être du mal à l'imaginer mais le bégaiement empêche certaines personnes de faire ce qu'elles veulent dans la vie. Elles pensent que les gens les jugeront inférieures si elles « exposent » leur bégaiement. Alors, elles reculent devant des situations qu'elles voudraient vraiment vivre, juste parce qu'elles pensent qu'elles pourraient bégayer. Ou elles s'arrangent pour que quelqu'un d'autre agisse pour elles.

Ma chérie, quelle que soit la manière dont tu t’y prendras, ça me conviendra. Ton papa est là pour toi. Je te soutiendrai quoi qu'il arrive. Mais tu sais ce que j'ai découvert ? La grande majorité des gens s'en fiche si tu bégaies lorsque tu leur parles. Le malaise provient juste du fait qu'ils ne savent pas comment réagir. Ils ne te regardent pas de haut et ne veulent pas t'offenser. Simplement, ils ne savent ce qu’il faut faire : te regarder droit dans les yeux et attendre patiemment que tu parles, avec un petit sourire… Te laisser dire ce que tu veux dire.

Je sais que c'est parfois effrayant de parler à des adultes ; ils sont tellement plus grands que toi... Aujourd'hui, c'est vrai. Tous ceux de ton âge ressentent la même chose. Avec le temps, cette « peur » des adultes va petit à petit diminuer jusqu’à ce que tu en deviennes un à ton tour. Alors si tu as besoin de Papa ou Maman pour faire ou dire quelque chose à un adulte, pas de problème ! Nous sommes là pour toi ! C'est normal pour un enfant de ton âge.

Mais, apparemment, la « peur du bégaiement » ne te retient pas du tout ! Je vois tes nombreux amis, comme tu réussis bien à l'école, la manière dont tu passes commande dans les restaurants, dont tu parles au téléphone, réponds durant les réunions; tu me rends si fier !

Ma puce, le bégaiement n'est pas un critère pour juger si une personne est ou non quelqu'un de bien. Nous parlerons de cela plus tard. Souviens-toi : la manière dont tu veux vivre ta vie, en dépit du bégaiement, ne dépend que de toi. Je suis derrière toi à 100% ! Ce que tu fais est super ! Le bégaiement n'a pas à contrôler les décisions que tu prends dans ta vie. Fais ce que tu veux faire. Vis ta vie comme tu veux. Sois le meilleur de toi-même !

Papa


4 mai - "Comment réagir aux réactions des autres."

Ma chérie, je voudrais t’expliquer comment réagir à la manière dont les autres te traitent lorsque tu bégaies devant eux. S’ils te traitent un peu différemment, c'est parce qu'ils ne savent pas comment réagir devant toi. Ils ne savent pas s'ils doivent « t'aider », finir ton mot ou ta phrase ou commencer à parler d'autre chose.

Nous, les personnes qui bégaient, avons tendance à être très sensibles aux attitudes de l'autre pendant que nous parlons. Nos sens sont aux aguets de leurs réactions. Et nous prenons la moindre manifestation « négative » pour une désapprobation.

Mais chérie, j'ai découvert quelque chose. Les gens t'écoutent parce qu'ils en tirent un bénéfice. Ils peuvent vraiment t'apprécier comme amie et t'écouteront quel que soit le temps dont tu as besoin pour finir. Ils attendront que tu aies fini de passer ta commande au restaurant parce qu’ils doivent gagner leur vie. Ils t'écouteront au travail parce que tu seras leur patron. Quand tu feras du porte à porte avec ta maman pour prêcher la bonne parole, ils t'écouteront parce que tu as pris le temps de venir et de leur parler. D'autres t'écouteront parce qu'ils vont découvrir tout ce que je sais déjà sur toi : que tu es drôle, affectueuse, attentionnée, que tu aimes t'occuper des autres, que tu es intelligente, que ton sourire est chaleureux, que tu es intéressante, que tu es bonne en sport et plein d'autres choses qui font que tu es si spéciale !

Ne présente jamais tes excuses à quelqu'un pour avoir bégayé devant lui. Ce qui est important, c'est ce que tu as à dire. Tu as un message à transmettre, même si cela te prend quelques minutes de plus. Tu es aussi importante que n'importe qui. Tant qu’il y a de la fraternité, tu as beaucoup à offrir à l'autre. Ton papa sait combien tu es intelligente et brillante. Tu es une personne très spéciale, ma chérie !

Papa


19 mai - "Les différents types de thérapie"

Ma fille, ma chérie, je voudrais te parler maintenant des différents types de thérapies. Il y en a beaucoup et les méthodes abondent. Tu entendras beaucoup de gens clamer leur « guérison ». Si tu souhaites en explorer certaines, tu sais que je te serai toujours à tes côtés.

Mais tu sais, tu finiras par découvrir que tu as les clefs en main pour avoir une vie, malgré le bégaiement. Tu possèdes déjà beaucoup de qualités. En observant les autres et en écoutant ce qu’ils ont à dire, tu verras souvent surgir des pensées qui trouveront un écho dans ta vie. Tu peux être d’accord ou non avec ce que les autres disent du bégaiement. L’important est de rassembler les idées, les réflexions qui s’appliquent à toi, l’information que tu peux utiliser.
Ce qui fonctionne pour un autre peut ne pas marcher pour toi. Tu ne peux pas vivre la vie de quelqu’un d’autre. Mais tu peux utiliser UN PEU de ce que dit l’un et UN PEU de ce que dit l’autre, en composant ta propre méthode pour traiter le bégaiement.

Je suis si fier de toi et de la manière dont tu me démontres encore et encore combien tu es une grande penseuse. Tu dois décider par toi-même comment vivre ta vie. Quand quelqu’un dit « Eh bien, si tu es une personne qui bégaie, tu dois accepter de vivre comme ça, ou tu dois aborder ce problème comme cela… », souviens-toi que nous sommes tous différents et que nous devons tracer notre propre route. Parfois, l’opinion d’un autre passe pour un fait, en particulier quand c’est quelqu’un de plus âgé que toi. Mais rappelle-toi : tu dois distinguer ce qui s’applique à toi et ce qui ne s’applique pas. Complète ensuite ta collection d’idées et de réflexions pour te faire ta propre opinion sur le bégaiement. Prends ce qu’il y a de bien chez l’un, de bien dans cet article, de bon dans un séminaire auquel tu as assisté et combine ces informations. Utilise-les ensemble et complète constamment ce savoir. Au fur et à mesure que tu grandiras, de nouveaux éclairages feront évoluer ta vision du bégaiement.

Garde en tête une vérité, toutefois : une personne qui bégaie peut vivre une vie au dessus de la moyenne, atteindre les buts qu’elle se fixe et réaliser ses rêves ! Et cela s’applique tout spécialement à toi !

Papa


21 juin – "Ton intégration"

Mon amour, il y autre chose dont je voudrais te parler. C’est la manière dont tu t’intègres à tes amis, tes camarades d’école et à la société en général.

Quand j’étais à l’école, je rêvais souvent d’être totalement fluent. Je me visualisais en train de m’adresser aux autres, en tant que délégué de classe ou président du bureau des élèves, ou au titre d’une autre fonction, mais toujours dans la peau d’un formidable orateur.
Quand je m’étais retrouvé dans une situation, et il y en avait beaucoup, où je n’avais pas pu parler, je me rejouais la scène encore et encore dans ma tête sauf que, cette fois, j’étais totalement fluent. Mon esprit a fini par être encombré par ces pseudo victoires imaginées mais celles-ci ne me réconfortaient pas du tout. Je n’étais pas heureux.

Nous devons réaliser que "ce qui est fait est fait"… Dans notre cas "ce qui est dit est dit." C’est normal de se sentir mal après une expérience négative... Tu ne peux pas l’empêcher. Mais ensuite, il faut prendre conscience que c’est terminé, qu’il est temps d’avancer. Quand ton esprit commence à se remémorer la douleur, la peine et la gêne d'une situation, enclenche ton interrupteur positif.

Imagine-toi un interrupteur sur un mur. Vois ta main l’actionner. Aussitôt, commence à penser à des moments heureux. Pense à moi, en train de te sourire. Pense à nous à Disney World, sur la plage, en randonnée, dans notre bateau ou à n’importe quoi qui te rappelle un bon moment ! Et ensuite, je veux que tu penses combien tu es intelligente, combien Cheetah (ton animal domestique) dépend de toi, combien ton frère t’idolâtre, combien tes amis t’aiment, combien tout le monde t’aime et combien ton Papa t’aime. Même si c’est dur, pose un petit sourire sur ton visage. Et dès que tu me vois, parle-moi de ta journée. Nous en parlerons ensemble !

Parfois, nous nous surprenons en train de penser “J’aurais dû dire ça…” ou “Je devrais faire ça..." ou "je dois avoir le dernier mot …" Pour une personne qui bégaie, cela peut se traduire par une frénésie durant la conversation. Nous commençons à parler vite, sans reprendre notre respiration. Nous n’arrivons pas à nous détendre. Nous devons tout sortir avant que le bégaiement surgisse. Résultat : nous parlons parfois trop lorsque nous essayons de transmettre notre message.

Mon amour, tout le monde, fluent ou non, éprouve ces sentiments. Tout le monde se dit « j’aurais dû dire ça… » Quand tu seras adulte, tu entendras cela de plus en plus. Deux simples mots bien choisis ont parfois plus de puissance qu’un long récit. Et si tu choisis de remplacer un mot difficile par un autre, c’est bien aussi. Concentre-toi sur le message… Qu’essaient-ils de dire ? Que veux-tu exprimer ? Regarde l’autre. Te parler peut le rendre nerveux. Mets le à l’aise avec un sourire. Souris avec tes yeux. Sens-toi “connectée” à ton interlocuteur. Sois son ami.

Tu sais, parfois, c’est mieux d’être calme et de ne rien dire. Et d’autres fois, c’est mieux de parler beaucoup. Nous devons prendre cette décision nous-mêmes et souvent on a peu de temps pour réfléchir. Cela arrive à tout le monde. Si tu parles, c’est bien; si tu ne ne parles pas, c’est toi qui vois. Mais je sais une chose. Brillante et intelligente comme tu es, tu as tellement à partager ! Les autres vont bénéficier de ce que tu as à dire ! Tu es très importante pour les autres, et tout particulièrement pour moi. Tu as déjà fait, et tu continueras à le faire, la différence dans la vie de certaines personnes. Que tu deviennes ou non fluente un jour n’est pas aussi important que ce que tu es en tant que personne. Les autres ne te regarderont pas de haut parce que tu bégaies; ils penseront juste que tu es vraiment quelqu’un de bien ! Et combien ils aiment être avec toi !
Tu me rends si fier !

Papa


19 juillet - "Notre Monde"

Mon amour, je veux te parler de ce que j’appelle “Notre Monde”. Bien que de multiples composantes se combinent pour construire « notre monde”, je veux que tu réfléchisses à celles qui appartiennent au bégaiement ou sont directement affectées par lui.

Très tôt, j’ai pris l’habitude de rester dans ma « zone de confort ». Et je ne me réfère pas du tout à ma parole. Je bégayais sur chaque mot. Je me suis aperçu que j’avais développé des « habitudes », que ce soit dans mes fréquentations, dans mes loisirs ou durant mon temps libre en général. Je restais dans ma « coquille ». J’allais dans les mêmes restaurants; je mangeais la même nourriture, pratiquais les mêmes sports, traînais avec les mêmes amis. Et c’était particulièrement vrai durant mon adolescence. Or, tu approches de cette période de ta vie et je veux que tu en profites à plein !

L’un des plus grands plaisirs de la vie est de “découvrir” le monde de quelqu’un d’autre Bien qu’il puisse y avoir énormément de peur et d’appréhension liées au bégaiement, tu ne regretteras jamais de t’aventurer hors de ton univers. Je n’avais jamais pris conscience de cela jusqu’à récemment.

Tu te souviens de cet article de journal qui parlait de nous ? Je suis devenu ami avec le journaliste et j’ai accepté une invitation à une soirée où se rencontraient des gens du monde de la presse. Nous nous sommes retrouvés dans un quartier de la ville où je n’étais jamais allé auparavant, le coin des “créatifs”. Nous avons dîné dans un restaurant indien (c’était la 1ère fois ! .... A ce sujet, ne leur dis surtout pas que tu aimes ton plat “épicé” !), et j’ai passé la soirée entière à les écouter parler de « deadlines », de formats, de rédacteurs en chef, etc. A plusieurs reprises, ils m’ont demandé si je n’étais pas ennuyé qu’ils parlent « boutique » et je leur ai répondu que, au contraire, j’étais fasciné !

J’adore être “un poisson hors de l’eau” ! En rentrant à la maison, je me disais que je n’aurais JAMAIS eu cette expérience lorsque j’avais 20 ans ! C’est à toi de décider ce que tu veux faire, mon amour. Je veux juste que tu saches ce que je ressens.

Un jour tu feras la connaissance d’un gars appelé Michael que je viens de rencontrer à la convention de Seattle. Dimanche soir, nous avons pris la Mustang décapotable que j’avais louée pour la journée et sillonné la ville. Je l’ai laissé conduire et nous sommes allés au gré de ses envies. Nous avons parlé de notre « monde » et lui aussi était d’accord pour dire que c’était dur d’en sortir. Mais, quand on en prend l’habitude, on apprend à savourer les opportunités d’« d’explorer » de nouveaux « mondes » et on goûte pleinement le moment ! Nous avons vu Chinatown, le front de mer, la Space Needle * ... Nous avons passé un EXCELLENT moment !

Est-ce la peur de demander son chemin ? La peur que quelque chose se passe mal ? Celle de devoir s’en remettre à un étranger ? Tu le sauras seulement en regardant en toi, mon amour. Rappelle-toi toujours… La peur perçue peut devenir une habitude, comme les pensées négatives ou le fait de se plaindre. Il y a une différence entre la peur réelle, qui est une protection, et la peur « inventée ». TOI seule peux faire la différence !

L’une de mes plus précieuses expériences de vie est de prendre une carte et de choisir une direction. Tu tomberas peut-être sur un site magnifique, ou un incroyable petit village avec un drôle de petit restaurant ! Cela peut être juste un circuit mais j’adore aller dans un endroit nouveau et SENTIR un “monde” nouveau ! J’espère que toi aussi !

(Laisse juste un petit mot à Papa quand tu sors ! :-) )

Papa


* La Space Needle est une tour futuriste construite à Seattle pour l'exposition universelle de 1962. Au sommet de cet ouvrage se trouve une plate-forme à l'allure de soucoupe volante qui l'a rendu populaire (source wikipedia).


Traduction www.goodbye-begaiement.fr / juin 2013

Lien vers la première lettre de Tom

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1 commentaire:

Celunia - Célia P. a dit…

Wahou, ce père est génial, je trouve ça très touchant comment il la rassure, lui donne des conseils et tout.

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