27 mai 2009

Harry Potter contre le bégaiement

Je suis tombé récemment sur un article rédigé par Katie Brewer, une jeune bègue américaine de 13 ans. Fan d’Harry Potter, elle a trouvé dans l’œuvre de J.K. Rowling plusieurs métaphores qui peuvent s’appliquer au bégaiement. Cela me permet d’illustrer mon précédent article et de rebondir sur les commentaires.

Dans « Harry Potter à l’école des sorciers », Harry, Ron et Hermione tombent dans le piège du « filet du diable », une plante dotée de tentacules qui étouffe ses proies. Plus ses prisonniers gesticulent et plus elle resserre son étreinte. Hermione, qui est une élève studieuse, reconnaît la plante et demande à Harry et Ron d’arrêter de la combattre. Ils finissent par l’écouter, se relâchent et sont finalement sauvés.

Pour Katie, l’analogie avec le bégaiement est évidente. Elle l'apparente à un sortilège qui prend le contrôle de notre corps et de notre esprit. Et plus vous vous débattez, plus il se renforce et vous étouffe. Ce combat peut prendre plusieurs formes : le forçage des sons, la crispation, l’évitement de situations, la substitution de mots…

Je trouve que la métaphore est bonne. Comme le filet du diable, le bégaiement est vécu comme une menace, celle de ne pas dire le mot, la phrase que nous souhaitons dire. Lui aussi va nous étouffer, nous empêcher de nous exprimer. Or, nous sommes programmés génétiquement pour réagir à une menace. Notre coeur s'emballe, le sang afflue vers nos muscles qui se contractent prêts à nous défendre ou à actionner nos jambes. C'est une réaction au stress naturelle et elle se produit pour nous avant une prise de parole. Ici le danger n'est que social mais notre corps ne fait pas la différence. La réponse physique qui s'ensuit ne fait qu'ajouter à notre inconfort et à notre sentiment d'insécurité. Nous réagissons alors comme le font les hommes depuis la nuit des temps face à un danger : par le combat physique ou la fuite. Les anglo-saxons, qui ont le sens de la formule, appellent cela le « fight  or flight ».

Pourquoi ces réactions presque animales vont elles renforcer le bégaiement ? De manière très simple.

Si vous le combattez physiquement en vous crispant, en forçant, en accélérant pour vous libérer de l'étouffement, vous ne faites que renforcer votre tension, vos contractions musculaires et donc votre bégaiement.

Si vous prenez le parti de fuir, vous le ferez principalement de deux manières, soit en évitant la situation (vous vous tairez ou vous demanderez à un tiers de parler pour vous), soit en substituant le mot redouté par un autre. Là aussi, vous allez nourrir le bégaiement : en évitant la situation (téléphoner, intervenir en public,...), vous vous renforcez dans l'idée que vous n'êtes pas capable de l'affronter et vous dramatisez de plus en plus son importance. Vous la rendez plus effrayante et vous alimentez vos fantasmes. Ce renoncement vous donnera également une piètre image de vous et ne contribuera pas à restaurer votre confiance. Ce qui n'était qu'une crainte au départ va peu à peu se transformer en une véritable phobie. Encore une fois, le bégaiement en sort vainqueur et renforcé.

Un premier conseil pour éviter ces réactions négatives ? Commencez par faire une chose toute simple : arrêtez de vous croire en danger...

Dans un prochain article, je continuerai, comme Katie, à explorer l'univers d'Harry Potter et je vous parlerai de Voldemort, vous savez « celui dont on ne dit pas le nom ». Ca ne nous évoque pas quelque chose ?

En attendant, vous trouverez l’article original ici.

1 commentaire:

Olivier a dit…

J'avais pas pensé à ça, au devil snare en lisant le bouquin...on peut trouver pas mal d'analogie dans un bon nombre de bouquins, mais c'est vrai que celle-là est pas mal...

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