31 oct. 2012

1 dessin, 2 histoires : 3 sources d’inspiration.

Le monde du bégaiement s’enrichit quotidiennement de petites histoires et victoires qui sont autant de sources d’inspiration. La semaine dernière, Alex a partagé la sienne sur un forum américain et je me suis dit que cela méritait une traduction et un partage. 

Cela me donne aussi l’occasion de partager un visuel très évocateur que j’ai présenté durant la Journée Mondiale du Bégaiement à Bruxelles et qui a beaucoup plu. J’avais déjà présenté la version anglaise sur Facebook et j’en ai depuis fait une traduction. Une ortho l’a utilisé la semaine dernière et son patient m’a écrit pour me dire que cela l’avait beaucoup aidé et qu’il faudrait mettre « l’escalier du succès » dans chaque dossier de patient, pour suivre régulièrement son évolution ! Comme quoi, un petit dessin vaut mieux qu’un long discours… Mais une petite histoire, c’est pas mal non plus. 

Pour commencer, voici donc celle d’Alex. La situation vous sera familière. Alex assure comme un Dieu à la guitare et on lui a proposé de donner des cours à des enfants. Situation familière puisque la brève satisfaction d’avoir cette reconnaissance a vite été remplacée par une angoisse grandissante : « Mais je bégaie ! Je vais bégayer ! Ils vont voir que je bégaie ! Que vont-ils penser ? Je vais passer pour un nul ! »… Je vous laisse compléter la liste. Il aurait donc pu refuser, comme beaucoup d’entre nous l’ont déjà fait dans des situations similaires. Il serait alors resté assis sur la première marche de l’escalier du succès. Mais finalement, il a décidé de se lever, d’y aller… Et de nous raconter ce qui s’est passé ensuite.

Bonne lecture !


Début de la traduction :

Il y a quelques mois, j’avais dit que j’allais donner durant six semaines des cours de guitare à des jeunes de 11 à 14 ans.

Cette expérience est à présent terminée et je voulais partager avec vous ce que cela m’a appris.

1) Ca va mieux :

Donner le premier cours était vraiment angoissant. J’ai énormément bégayé, je ne savais pas vraiment ce que je faisais et j’étais vraiment gêné. Quand cela a été terminé, j’ai paniqué et je me suis dit : « Qu’est-ce qu’ils vont penser de moi ? », « Leurs parents vont probablement être furieux et demander à être remboursés.», et ainsi de suite. Mais j’ai décidé de m’adapter. J’ai arrêté d’essayer de deviner ce que les autres pensaient de moi et je me suis attaché à faire les choses simplement pour le cours suivant afin d’être plus clair. J’ai abandonné l’anticipation, la recherche de performance et je suis allé au deuxième cours avec une attitude calme. Et cela s’est superbement bien passé.

1ère leçon : si quelque chose ne fonctionne pas, change ta stratégie et essaie de nouveau. Ca finira par marcher.

2) Vous êtes plus susceptible de gagner le respect que d’être moqué :

J’ai beaucoup bégayé. Mais les enfants n’ont pas ri. Et les organisateurs m'ont répété combien j’étais courageux. La plupart du temps, les gens ne mentionneront pas votre bégaiement parce qu’ils ne veulent pas vous mettre mal à l’aise. Pas parce qu’ils sont horrifiés. Ne lisez pas dans les pensées.

3) Le bégaiement est un accent :

C’est une manière de parler. Le bégaiement peut ralentir la communication mais il la rendra très rarement impossible. Si les gens vous comprennent, vous n’avez pas à vous inquiéter. 

4) L’important, c’était de le faire. Pas le « Comment » :

Quand vous pensez faire quelque chose, posez-vous une question : " Est-ce que j’hésite à le faire à cause de mon bégaiement ? » 

Si la réponse est « Oui », faites-le. Sinon, vous laissez le bégaiement dicter ce que vous pouvez faire et ne pas faire, et vous lui cédez le pouvoir. Votre pouvoir. A l’inverse, si vous le faites, vous enlevez du pouvoir au bégaiement…  

ET PEU IMPORTE LE RESULTAT !!! 

Alex

Fin de la traduction

C’était donc la première histoire, celle d’Alex. Et la deuxième histoire… J’attends que vous me la racontiez ! ☺ Si, si, il y a une zone commentaires là, juste en dessous. Soyez pas timides, ça fera plaisir à Alex et j’adoooooore les belles histoires de bégaiement. Et je rectifie ce que j'ai écrit au début du post : il n'y a pas de "petite" victoire.

Mise à jour du 3/11/2012 : Merci à Bérenger, Betty et Sarah qui ont raconté leur "petite" histoire. A découvrir dans la zone commentaires ci-dessous : de quoi faire le plein de motivation et de bonnes ondes !

Laurent

P.S : bon, comme je suis un bon gars, je vous la donne la deuxième histoire... Grâce à Bérenger. Je vous invite à aller faire un tour sur son blog pour découvrir le témoignage de Lisa qui est arrivée tout en haut de l'escalier du succès, non pas malgré mais grâce à son bégaiement !

8 commentaires:

Bérenger a dit…

Mon histoire à moi, elle est toute récente : j'ai donné un cours d'1h30 en Anglais à une classe d'étudiants en 3ème année de Fac.
J'avais fait la même chose l'année dernière, mais on s'était partagé le créneau avec un ami, donc je n'avais "que" 45 minutes.

Cette fois, l'administration m'a demandé de prendre en charge l'intégralité de l'intervention. Dans ces cas là, j'ai l'habitude d'accepter d'abord, et de réfléchir ensuite. Même si aujourd'hui je maîtrise relativement bien mon bégaiement, c'est toujours un peu plus délicat en Anglais, donc il y avait une petite appréhension.
Comme à mon habitude, j'ai évoqué mon bégaiement avec humour dès le début de l'intrvention, et au final, malgré quelques blocages évidents, tout s'est bien passé ! Les étudiants ont posé plein de questions, le sujet les a intéressé, bref, c'était top. Tellement bien qu'on m'a demandé de refaire ce même cours dans 15 jours, mais en Français cette fois ;)

Laurent L. a dit…

Waoh ! Tu mets la barre haut, Bérenger ! Félicitations !
"Accepter d'abord, réfléchir ensuite" : bien dit, c'est également ma nouvelle devise !
Laurent

sarah a dit…

Waouh j'ai adoré cette histoire et le commentaire de Bérenger me fait rire, quel courage et quelle réussite. bravo. continuez tous comme ça!

Laurent L. a dit…

Merci Sarah ! Et toi, tu n'as pas une petite histoire à nous raconter ? :-)

BETTY a dit…

salut Laurent..salut à tous!!

moi aussi je veux partager une petite victoire qui date déjà de plus d'un an mais c'est elle qui m'a fait prendre conscience de mes capacités à dépasser ce bégaiement.

Nouveau poste à responsabilité avec en option une mission de tenue d'assemblée générale annuelle. l'horreur, la panique...comment faire pour lire et tenir une AG pendant une heure..je vais me ridiculiser!! je respire, je cherche des infos sur le net, je découvre le blog de Laurent et espoir....je ne dors plus, je ne mange plus.je me décide à voir un orthophoniste et là début du marathon, j'apprends à mieux gérer ma respiration, je lis, je relis mes notes, je m'entraine avec mon orthophoniste, avec mon mari, avec mes enfants, dans la voiture, avant de dormir,..sans oublier Laurent avec qui j'échange régulièrement. le jour J, je respires, je ralentis, je souris et à part quelques chiffres sur lesquelles j'ai buté. ce fut la plus belle expérience de ma vie. j'ai reçu des félicitations pour la tenue de l'assemblée générale. je l'ai fait!!!!!!!!!!! alors vous aussi vous pouvez.

Laurent L. a dit…

Merci pour ton histoire, Betty ! C'est vrai qu'à cette occasion, tu avais battu le record de vitesse de montée de l'escalier du succès ! Encore bravo !

Sarah a dit…

Si Laurent! J'ai une petite histoire qui m'est arrivée aujourd'hui. Quelques infos pour situer le contexte: je suis décoratrice et travaille en partenariat avec un entrepreneur du bâtiment quelques fois. Aujourd'hui je suis allée le voir et comme il avait une course à faire j'ai pris son bureau en main. Sauf que...le téléphone n'arrêtait pas de sonner et comme mon principal blocage est de répondre au téléphone...je ne savais que faire. Je me suis décidée à décrocher ce téléphone et prendre les appels des clients de mon entrepreneur. J'étais seule dans le bureau, je me suis dit "vas y ! tente!". Je n'ai pas bégayer un seul instant quand j'ai parlé. J'ai pris deux clients. Ils sont venus ensuite au bureau, je les ai accueillit et les dames trouvaient ma voix charmante et m'ont dit que j'étais très accueillante. Comme quoi quand on tente le diable...on finit par le vaincre. Voila, petits gestes pour une grande victoire.

Laurent L. a dit…

Alors là Sarah, je ne dirais qu'un mot : WAAAAAAAAAAAHHHHH !!!!!!!
Je retiens le "vas-y ! tente !" Ça a du te mettre dans un excellent était d'esprit pour faire face à cette situation jusqu'a présente redoutée. Reviens quand tu veux !

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